✖

Équation exponentielle

Une équation devient exponentielle dès que l’inconnue se trouve dans l’exposant. De manière générale, on peut l’écrire af(x) = bg(x), où a, b>0. Un exemple typique est 2x = 8. Il est assez évident que la solution est le nombre trois, car deux à la puissance trois vaut huit. Voyons maintenant une démarche un peu plus mathématique.

Équation exponentielle simple

Pour résoudre une équation exponentielle, il est très pratique de pouvoir la ramener à la forme af(x) = bg(x) où a = b. En effet, si les bases sont identiques, les puissances sont égales lorsque les exposants le sont aussi. Il ne reste alors qu’à résoudre l’équation f(x) = g(x). Reprenons l’exemple précédent : on écrit 8 sous forme de puissance de deux, 2x = 23. Les bases étant identiques, on égalise les exposants, ce qui donne directement x = 3. Compliquons un peu l’exemple, par exemple 22x = 8 : après transformation, on obtient 22x = 23 et on résout 2x = 3, donc la solution est 1,5.

Un autre cas simple se présente lorsqu’un membre de l’équation vaut 1. Prenons cet exemple :

53x−2=1

Cela paraît compliqué, mais si l’on connaît les règles de calcul sur les puissances, on sait que 1 ne peut s’obtenir que de deux façons : soit la base vaut 1 (et alors toute puissance de 1 vaut 1), soit l’exposant est nul (et tout nombre non nul à la puissance zéro vaut 1). Nous utilisons bien sûr la seconde propriété et réécrivons l’équation : 53x − 2 = 50. Nous avons maintenant une équation que nous savons résoudre (voir le paragraphe précédent). Il suffit de comparer les exposants, ce qui donne 3x − 2 = 0, une équation du premier degré très simple.

Passage au logarithme dans une équation exponentielle

Lorsqu’on ne peut pas ramener l’équation à des bases identiques, on peut essayer la méthode du passage au logarithme. Notre professeure disait toujours : « Les enfants, quand vous ne savez plus comment continuer, passez tout au logarithme ! » Et elle avait raison. Si l’on a une équation exponentielle avec des bases différentes, et qu’il n’est pas possible (ou pas efficace) de les ramener à une même base, on prend le logarithme des deux membres. À partir de l’équation

af(x)=bg(x)

on obtient

log⁡af(x)=log⁡bg(x)

et, d’après les propriétés des logarithmes, on a

f(x)⋅log⁡a=g(x)⋅log⁡b.

Prenons l’exemple suivant

2x⋅52x=3x−2

Les bases ne sont pas identiques et ne peuvent pas être ramenées à une même base, on prend donc le logarithme de toute l’équation :

log⁡(2x⋅52x)=log⁡(3x−2)

Utilisons maintenant les propriétés des logarithmes et « développons » la première parenthèse :

log⁡2x+log⁡52x=log⁡3x−2

Appliquons encore une fois les propriétés des logarithmes et « faisons passer » l’exposant devant le logarithme :

x⋅log⁡2+2x⋅log⁡5=(x−2)log⁡3

Développons le membre de droite :

x⋅log⁡2+2x⋅log⁡5=xlog⁡3−2log⁡3

Rassemblons à gauche les termes contenant l’inconnue :

x⋅log⁡2+2x⋅log⁡5−x⋅log⁡3=−2log⁡3

Mettons x en facteur :

x(log⁡2+2log⁡5−log⁡3)=−2log⁡3

Isolons x :

x=−2log⁡3log⁡2+2log⁡5−log⁡3

C’est en fait le résultat. On pourrait encore appliquer les propriétés des logarithmes et transformer 2log 5 en log 52 = log 25, mais c’est vraiment la dernière opération utile sur le résultat.

Changement de variable

Les équations exponentielles se résolvent aussi à l’aide d’un changement de variable. Voyons-le sur un exemple :

72x+7x−6=0.

Posons maintenant a = 7x. Dans l’équation initiale, remplaçons 7x par a. On obtient une équation qui n’est plus exponentielle :

a2+a−6=0.

C’est une équation du second degré simple. Ses racines sont les nombres 2 et −3.

Reportons maintenant ces racines dans a = 7x. On a donc 2 = 7x. Passons au logarithme :

log⁡2=x⋅log⁡7

et isolons :

x=log⁡2log⁡7

La seconde racine n’a pas besoin d’être reprise : elle est négative, et l’on obtiendrait le logarithme d’un nombre négatif, ce qui n’est pas possible. Et voilà le résultat de l’équation exponentielle.

Exemples

Résous l’équation exponentielle suivante :

23x−4=82x+1.

Au premier regard, on voit que les bases des deux membres ne sont pas égales. Dommage ! Mais au second regard, on voit une transformation qui permet d’obtenir les mêmes bases. Au lieu de 8, nous allons simplement utiliser 23, qui vaut 8. En appliquant la formule de la puissance d’une puissance, on obtient :

23x−4=82x+123x−4=23⋅(2x+1)23x−4=26x+3

Les bases sont maintenant égales, et il reste une simple équation du premier degré 3x − 4 = 6x + 3 :

3x−4=6x+3−3x=7x=−73

Résous l’équation exponentielle suivante :

5x⋅2x=100x−1.

Comme souvent, les bases ne sont pas égales ici. Mais on devine qu’on peut les transformer. À gauche, on applique la formule du produit de puissances de même exposant ; à droite, on applique la même formule que précédemment et on transforme 100x − 1 en 102(x − 1) :

5x⋅2x=100x−110x=102(x−1)10x=102x−2

Nous avons maintenant les mêmes bases et on peut résoudre une équation du premier degré classique :

x=2x−2−x=−2x=2

Résous l’équation exponentielle suivante :

3x+3x+1=108.

Comme toujours, il faut d’abord arriver à une même base. Ici, on met 3x en facteur dans le membre de gauche, puis on additionne l’expression entre parenthèses. On obtient alors une équation simple.

3x+3x+1=1083x(1+31)=1084⋅3x=1083x=27

Le membre de gauche est maintenant simplifié ; transformons le membre de droite. On voit assez clairement qu’il s’agit de 3 au cube :

3x=273x=33

Il ne reste qu’une dernière étape : les bases sont égales, on égalise donc les exposants :

x=3

Résous l’équation exponentielle suivante :

42x−6⋅4x+8=0.

Ici, on essaie de se ramener à une équation du second degré habituelle. Le mieux est d’y parvenir à l’aide du changement de variable 4x = a :

a2−6a+8=0

On a maintenant une équation du second degré standard : on calcule donc le discriminant et les racines :

Δ=36−4⋅8a1,2=(6±2)2a1=4a2=2

Ces résultats partiels doivent encore être replacés dans le changement de variable. Premier résultat :

4x=4x=1

Deuxième résultat :

4x=24x=412x=12